Arusha : une expérience qui dilate le cœur…














Il est des voyages qui ne sont pas de simples déplacements géographiques. Ils deviennent des étapes importantes d’un itinéraire intérieur, communautaire et missionnaire. Mon séjour à Arusha, en Tanzanie, a été de ceux-là.
Sur invitation du Père Général des Augustins de l’Assomption, le père Ngoa Ya Tshihemba, A.A., j’ai eu la joie de participer, du 23 juin au 3 juillet 2026 à Arusha – Tanzanie, à une session internationale consacrée à la relecture de notre expérience missionnaire en Assomption. Nous étions seize religieux assomptionnistes, venus de différents pays où œuvrent les Augustins de l’Assomption. La diversité de nos origines, de nos langues et de nos expériences constituait déjà, en elle-même, une belle image de la dimension universelle de notre vocation.
Relire notre expérience pour ouvrir de nouveaux chemins
La session avait été soigneusement préparée en amont. Chacun de nous avait reçu un questionnaire envoyé par le Père Vincent Leclerc, A.A., qui nous avait permis de relire personnellement notre parcours, nos expériences, nos joies, nos difficultés et les fruits de notre engagement missionnaire.
La première partie de la rencontre a été consacrée au partage de nos différentes expériences missionnaires. Ces témoignages nous ont permis de découvrir la richesse et la diversité de la présence assomptionniste à travers le monde. Derrière des contextes culturels et pastoraux très divers, nous avons reconnu une même passion : partager la joie de l’Évangile.
La seconde partie nous a conduits à réfléchir aux stratégies nécessaires pour renforcer notre expérience missionnaire. Il ne s’agissait pas seulement de regarder le chemin parcouru, mais aussi de discerner les orientations à prendre pour l’avenir.
Cette réflexion nous a ramenés à une conviction fondamentale : La mission n’est pas pour nous une activité parmi d’autres. Elle fait partie de notre identité et de notre raison d’être. Relire notre expérience missionnaire, c’est donc aussi renouveler notre hardiesse, créativité et disponibilité à aller là où l’Évangile nous appelle.
Le rythme de la session basculait entre travail en petits groupes, remontées en grand groupe, présentations et amendements des textes. Cette stratégie misait sur le concours et l’implication personnelles de chaque participant.
Et puis, il y avait la table ! Les repas étaient excellents et généreux. Pour l’occasion, une vache avait même été égorgée. Une manière bien tanzanienne, et certainement très fraternelle, de nous faire sentir les bienvenus !
Une fraternité assomptionniste qui dépasse les frontières
Au beau milieu de la session, nous avons eu la joie d’accueillir les Sœurs Oblates de l’Assomption, elles aussi réunies à Arusha pour une session internationale consacrée à la formation à la vie oblate. Cette rencontre entre religieux et religieuses de la grande famille de l’Assomption a été un moment particulièrement heureux. La Sœur Marilyne Nganzali, OA, nous a gratifiés d’une excellente conférence sur la formation.
Son intervention nous a rappelé que toute mission authentique passe par une formation solide et continue, capable d’aider les personnes consacrées à approfondir leur vocation, à discerner les appels de Dieu et à répondre aux défis nouveaux de notre monde. Ces moments partagés ont donné à notre rencontre une dimension encore plus fraternelle et ecclésiale.
La beauté d’une liturgie aux couleurs de l’universalité
L’ambiance générale de la session était très fraternelle. Les célébrations liturgiques y ont largement contribué. Nous avons vécu de belles Eucharisties, priantes et édifiantes, animées dans trois langues : anglais, français et espagnol. Cette diversité linguistique, loin d’être un obstacle, était plutôt le signe concret d’une Église et d’une Assomption qui se rencontrent au-delà des frontières.
Prier ensemble, dans ce contexte, était une affirmation que nous appartenons à une même famille et que la mission nous rassemble bien au-delà de nos différences culturelles.
À la découverte de la richesse de la faune Tanzanienne
Notre séjour n’a pas été uniquement consacré au travail et à la réflexion. Une sortie au parc national de Ngorongoro nous a permis de découvrir la richesse exceptionnelle de la faune sauvage tanzanienne. Lions, éléphants, buffles, zèbres et autres animaux rencontrés au cours de cette excursion nous ont offert un spectacle saisissant de la beauté de la création.
Ce fut également un véritable temps de détente et de recréation. Après des moments de travail intense, nous avons pu simplement nous retrouver, pour rire, échanger et profiter ensemble de ce cadre naturel extraordinaire.
Une immersion dans la vie assomptionniste d’Arusha
Nous avons également eu la possibilité de visiter le noviciat assomptionniste Kizito-House situé à quelques minutes seulement de Austin House. C’est là qu’a eu lieu la messe de clôture de la session. Le père Dieusé Kaghoma, A.A., maître des novices et toute l’équipe de formation nous ont réservé un accueil chaleureux.
Après une célébration eucharistique bien animée, présidée par le Père Bernard Odhiambo, A.A, vice-provincial d’Afrique de l’Est, nous avons partagé un excellent repas. Les novices ont ensuite apporté leur touche particulière à ce moment fraternel avec le chant et la danse. Leur enthousiasme était une belle expression de cette jeunesse assomptionniste appelée à prendre le relais de la mission.
Au contact d’une pastorale assomptionniste bien vivante
Deux visites à la paroisse assomptionniste de Kijenge nous ont également permis de découvrir plus concrètement le travail apostolique réalisé par nos confrères. Nous avons notamment participé à la messe de la première communion de près de deux cents enfants, un moment particulièrement émouvant, puis à la célébration de la fête patronale de la paroisse. À travers ces rencontres, nous avons pu apprécier le dynamisme pastoral de cette communauté et le travail accompli par les Assomptionnistes dans cette Église particulière d’Arusha.
Certains d’entre nous ont également eu l’occasion de rendre visite aux Sœurs Oblates, Orantes aux et aux Religieuses de l’Assomption, découvrant ainsi la richesse de la présence de toute la famille assomptionniste en Tanzanie et l’immense travail apostolique qu’elle réalisent.
Revenir là où tout a commencé
Pour moi, ce voyage avait aussi une dimension profondément personnelle. Revenir à Arusha, c’était revisiter un lieu important de mon histoire missionnaire. En effet, c’est en Tanzanie que j’ai vécu ma première expérience missionnaire comme frère, puis comme diacre et enfin comme prêtre. Revenir sur ces lieux après une vingtaine d’années a fait remonter de nombreux souvenirs et suscité une profonde action de grâce.
J’ai également eu la joie de retrouver ma famille adoptive, celle qui m’avait parrainé le jour de mon ordination diaconale. Ces retrouvailles ont été particulièrement émouvantes. Nous avons partagé des moments simples, évoqué des souvenirs et rappelé des choses vécues ensemble. Il y avait dans ces échanges quelque chose de profondément familial : le temps et la distance n’avaient pas effacé les liens tissés au fil des années.
Une expérience pleine d’avenir
Cette session m’a surtout rappelé que la mission ne se réduit jamais à un lieu ou à une activité. Elle est une manière d’être, une disponibilité intérieure, une passion pour l’Évangile et pour les personnes auprès desquelles Dieu nous envoi. Elle se nourrit de la relecture de nos expériences, du partage fraternel et du discernement communautaire.
Une grande conviction qui se renouvelle : l’Assomption est missionnaire. Elle l’a été hier, elle l’est aujourd’hui et elle le sera demain. Arusha nous a permis de regarder ensemble le chemin parcouru, mais surtout de tourner les yeux vers l’avenir. Et c’est donc avec un sentiment de profonde gratitude que je suis retourné à México.
Merci pour cette belle expérience de fraternité internationale. Merci au Père Général pour cette invitation. Merci aux père Vincent Leclerc, Etienne Ratala et Joao Gomez pour la préparation et l’accompagnement de la démarche. Merci aux organisateurs pour la qualité de la session. Merci aux confrères venus des différents pays pour la richesse de leurs témoignages et leur fraternité.
Merci également aux communautés assomptionnistes d’Arusha : Austin House, Kizito House, la communauté paroissiale de Kijenge et à toute la famille de l’Assomption presente a Arusha pour leur accueil fraternel. Merci enfin à Arusha, qui m’a une nouvelle fois accueilli et permis de renouer avec une partie importante de mon histoire missionnaire.
P. Sébastien Bangandu Mwanza, A.A.











Arusha: Una experiencia que ensancha el corazón...













Hay viajes que no son simples desplazamientos geográficos. Algunos se convierten en etapas decisivas de un itinerario interior, comunitario y misionero. Mi estancia en Arusha, en Tanzania, fue uno de esos momentos que marcan la vida.
Por invitación del Padre General de los Agustinos de la Asunción, el padre Ngoa Ya Tshihemba, A.A., tuve la alegría de participar, del 23 de junio al 3 de julio de 2026, en una sesión internacional dedicada a la relectura de nuestra experiencia misionera asuncionista. Éramos dieciséis religiosos procedentes de diversos países donde los Agustinos de la Asunción estamos presentes. La diversidad de nuestras lenguas, culturas y trayectorias era, por sí misma, una hermosa imagen de la universalidad de nuestra vocación.
Revisar nuestra experiencia para abrir nuevos caminos
La sesión había sido preparada con esmero. Cada uno recibió un cuestionario enviado por el padre Vincent Leclerc, A.A., que nos permitió repasar nuestro recorrido personal: nuestras alegrías, dificultades, aprendizajes y los frutos de nuestro compromiso misionero.
La primera parte del encuentro estuvo dedicada a compartir fraternalmente nuestras experiencias. Estos testimonios nos ayudaron a descubrir la riqueza y variedad de la presencia asuncionista en el mundo. Más allá de los contextos culturales y pastorales, reconocimos una misma pasión: compartir la alegría del Evangelio.
La segunda parte nos invitó a reflexionar sobre las estrategias necesarias para fortalecer nuestra misión. No se trataba solo de mirar el pasado, sino de discernir juntos las orientaciones para el futuro.
Esta reflexión nos llevó a reafirmar una convicción fundamental: la misión no es una actividad más; es parte de nuestra identidad y razón de ser. Releer nuestra experiencia es renovar la audacia, la creatividad y la disponibilidad para ir adonde el Evangelio nos llama.
El ritmo de la sesión alternaba entre trabajo en grupos pequeños, plenarias, presentaciones y revisión de textos. Todo ello favorecía la participación y la colaboración de cada hermano.
Y, por supuesto, estaba la mesa. Las comidas eran abundantes y deliciosas. Para la ocasión, incluso sacrificaron una vaca: una manera muy tanzana —y profundamente fraterna— de hacernos sentir en casa.
Una fraternidad asuncionista que rebasa fronteras
En medio de la sesión recibimos la visita de las Hermanas Oblatas de la Asunción, reunidas también en Arusha para una sesión internacional de formación. Este encuentro entre religiosos y religiosas de la gran familia de la Asunción fue un momento especialmente alegre. La hermana Marilyn Nganzali, OA, nos regaló una excelente conferencia sobre la formación.
Su intervención nos recordó que toda misión auténtica necesita una formación sólida y continua, capaz de ayudar a las personas consagradas a profundizar su vocación, discernir los llamados de Dios y responder a los desafíos de nuestro mundo. Estos momentos compartidos dieron a nuestro encuentro una dimensión aún más fraternal y eclesial.
La belleza de una liturgia teñida de universalidad
El ambiente general de la sesión fue profundamente fraterno. Las celebraciones litúrgicas contribuyeron mucho a ello. Vivimos eucaristías hermosas, llenas de oración y de una alegría serena, animadas en inglés, francés y español. Lejos de ser un obstáculo, esta diversidad lingüística fue un signo concreto de una Iglesia y una Asunción que se extienden más allá de las fronteras.
Orar juntos nos recordó que pertenecemos a una misma familia y que la misión nos une más allá de nuestras diferencias culturales.
Descubriendo la riqueza de la fauna tanzana
No todo fue trabajo. Una excursión al Parque Nacional de Ngorongoro nos permitió maravillarnos ante la riqueza de la fauna silvestre de Tanzania. Leones, elefantes, búfalos, cebras y muchos otros animales nos ofrecieron un espectáculo impresionante de la belleza de la creación.
Fue también un momento de descanso y convivencia. Después de días intensos, pudimos reír, conversar y disfrutar juntos de ese entorno natural extraordinario.
Una inmersión en la vida asuncionista de Arusha
Visitamos el noviciado Kizito House, a pocos minutos de Austin House, donde celebramos la misa de clausura. El padre Dieusé Kaghoma, A.A., maestro de novicios, y el equipo de formación nos recibieron con gran calidez.
Tras una eucaristía muy animada, presidida por el padre Bernard Odhiambo, A.A., viceprovincial de África Oriental, compartimos una excelente comida. Los novicios añadieron su toque especial con cantos y bailes llenos de entusiasmo: una expresión hermosa de la juventud asuncionista llamada a tomar el relevo de la misión.
En contacto con una pastoral viva y fecunda
Dos visitas a la parroquia asuncionista de Kijenge nos permitieron conocer más de cerca la labor apostólica de nuestros hermanos. Participamos en la misa de primera comunión de casi doscientos niños, un momento profundamente conmovedor, y en la celebración de la fiesta patronal por los cincuenta años de la parroquia.
También visitamos a las Hermanas Oblatas, a las Orantes y a las Religiosas de la Asunción, descubriendo la riqueza de la presencia de toda la familia asuncionista en Tanzania y la inmensa labor que realizan.
Regresar al lugar donde todo comenzó
Para mí, este viaje tuvo también una dimensión personal muy profunda. Volver a Arusha era regresar a un lugar clave de mi historia misionera. Fue en Tanzania donde viví mi primera experiencia como hermano, luego como diácono y finalmente como sacerdote. Volver después de veinte años despertó muchos recuerdos y una gratitud inmensa.
Tuve además la alegría de reencontrarme con mi familia adoptiva, la que me acompañó el día de mi ordenación diaconal. El reencuentro fue muy emotivo: compartimos momentos sencillos, evocamos recuerdos y constatamos que el tiempo y la distancia no borran los lazos verdaderamente fraternos.
Una experiencia que abre al futuro
Esta sesión me recordó que la misión nunca se reduce a un lugar o a una actividad. Es una forma de ser, una disponibilidad interior, una pasión por el Evangelio y por las personas a quienes Dios nos envía. Se alimenta de la reflexión, del intercambio fraterno y del discernimiento comunitario.
La convicción se renueva: la Asunción es misionera. Lo fue ayer, lo es hoy y lo será mañana. Arusha nos permitió mirar el camino recorrido, pero sobre todo abrir la mirada hacia el futuro. Por eso regresé a México con un corazón lleno de gratitud.
Gracias por esta experiencia de fraternidad internacional. Gracias al Padre General por su invitación. Gracias a los padres Vincent Leclerc, Etienne Ratalata y João Gómes Da Silva por la preparación y acompañamiento. Gracias a los organizadores por la calidad de la sesión. Gracias a los hermanos que vinieron de distintos países por la riqueza de sus testimonios y su fraternidad.
Gracias también a las comunidades asuncionistas de Arusha: Austin House, Kizito House, la parroquia de Kijenge y toda la familia de la Asunción presente en Tanzania por su acogida fraterna.
Y gracias, finalmente, a Arusha, que una vez más me abrió sus brazos y me permitió reencontrarme con una parte esencial de mi historia misionera.
P. Sébastien Bangandu Mwanza, A.A.





Quand le langage de l'amour devient la seule langue











Le frère Anthony Farah est un religieux assomptionniste d'origine libanaise qui vit dans la communauté de Woluwe, à Bruxelles, en Belgique. Il est venu au Mexique pour quelques jours de visite. Il nous raconte son expérience de mission d'été à Cuernavaca. Écoutons-le.
On peut traverser un océan, changer de continent, découvrir une nouvelle langue et une nouvelle culture… sans vraiment savoir ce que Dieu nous prépare. Je suis arrivé au Mexique après avoir quitté le Liban, mon pays natal, et la Belgique, où je vis aujourd'hui comme frère assomptionniste. Je pensais venir découvrir un autre visage de notre Congrégation, une autre manière de vivre la mission. Je ne savais pas encore que cette mission allait surtout me transformer moi-même. C'est à San Pedro Apatlaco, une quasi-paroisse du diocèse de Cuernavaca que cette rencontre a eu lieu.
Nous étions vingt-cinq missionnaires – frères, jeunes et laïcs – envoyés pour partager une semaine de mission avec la paroisse. Dès les premiers instants, j'ai compris que quelque chose de beau nous attendait. Les chants, les danses, le repas partagé, les sourires du curé, des jeunes et des familles... Ce n'était pas seulement un accueil chaleureux. C'était une communauté qui nous disait sans paroles : « Vous êtes chez vous. » Et c'est exactement ce que nous avons ressenti.
Très vite, chacun de nous a rejoint une famille qui nous a ouvert sa maison. Mais, bien plus encore, ces familles nous ont ouvert leur vie, leurs joies, leurs inquiétudes et leurs blessures. Elles nous ont accueillis comme des fils. Elles nous ont appris qu'il est possible d'offrir beaucoup, même lorsque l'on possède peu. Cette simplicité évangélique m'a profondément touché.
Chaque matin, nous parcourions les rues de la paroisse en frappant aux portes. Nous voulions simplement dire aux habitants qu'ils n'étaient pas seuls, que leur Église était proche d'eux, et les inviter à vivre cette semaine missionnaire. Derrière chaque porte, une histoire nous attendait. Certaines s'ouvraient avec un grand sourire. D'autres restaient fermées. Non pas par manque d'accueil, mais parce que la peur est devenue une compagne quotidienne. Dans cette région, la violence est une réalité qui s'invite jusque dans les maisons. On apprend à se méfier avant même d'ouvrir une porte.
Et pourtant, en marchant dans ces rues, une parole de saint Paul résonnait souvent dans mon cœur : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Rm 5,20). Plus je découvrais les blessures de cette terre, plus je percevais aussi la présence discrète de Dieu. Une présence silencieuse, mais bien réelle. Une grâce qui refuse de disparaître, même lorsque tout semble annoncer l'obscurité.
Les enfants ont été parmi les plus grands maîtres de cette semaine. Beaucoup grandissent dans un environnement où la violence, les enlèvements et la peur font malheureusement partie de leur quotidien. Pourtant, derrière leurs blessures, ils gardent une capacité incroyable à sourire, à jouer, à aimer. À travers les jeux, les chants, les danses et les temps de prière, nous voulions leur rappeler qu'ils sont infiniment aimés de Dieu, qu'ils ont une dignité que personne ne pourra jamais leur enlever et qu'ils sont déjà les artisans du monde de demain.
Un jour, un petit garçon de six ans m'a confié qu'il avait perdu son papa, victime de la violence. Devant une telle souffrance, les mots deviennent inutiles. Aucune explication ne peut guérir un cœur d'enfant. Il ne reste qu'une présence, une écoute, une étreinte, un regard rempli de compassion. Ce jour-là, j'ai compris que la mission ne consiste pas toujours à répondre aux questions. Parfois, elle consiste simplement à rester là… et à aimer.
Les jeunes m'ont profondément marqué. Derrière leurs sourires, j'ai découvert des histoires de courage, des blessures, des rêves, des combats. Nous avons chanté ensemble, dansé, prié, ri, parfois même gardé le silence. Peu à peu, je ne voyais plus simplement un groupe de jeunes mexicains ; je voyais des frères et des sœurs qui cherchaient, comme moi, à donner un sens à leur vie et à croire que le Royaume de Dieu peut déjà commencer ici.
En les écoutant, une phrase de saint Augustin revenait souvent dans mon cœur : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi. » Derrière leurs questions, leurs blessures et leur générosité, je reconnaissais cette même soif de Dieu qui habite chaque être humain.
Les rencontres avec les adultes étaient des temps de partage, de réflexion et de prière. Nous parlions de la paix, de l'espérance, de la présence de Dieu au milieu des épreuves. Ici, parler de paix n'est pas une théorie. C'est une urgence. C'est un cri. Pourtant, malgré tout ce qu'ils vivent, j'ai rencontré des hommes et des femmes qui continuaient à croire, à prier et à espérer avec une force qui m'a profondément édifié.
Avant de venir au Mexique, je pensais que ma plus grande difficulté serait la langue. Je ne parle pas encore bien espagnol, et cela m'inquiétait. Comment annoncer l'Évangile lorsque les mots nous manquent ?
Puis j'ai découvert que les mots ne sont pas toujours indispensables. Un sourire se comprend dans toutes les langues. Une main tendue n'a pas besoin de traduction. Jouer avec les enfants, danser avec les jeunes, partager un repas, écouter quelqu'un avec le cœur, prier côte à côte... voilà une langue que tout le monde comprend. J'avais peu de mots en espagnol, parfois quelques phrases en anglais, mais je pouvais être présent. Je pouvais aimer. Et j'ai découvert que l'amour est probablement la plus belle manière d'annoncer le Christ.
Au fil des jours, je ne sentais plus que nous étions venus donner quelque chose. J'avais plutôt l'impression que cette communauté nous évangélisait à sa manière. Elle nous enseignait la confiance, la persévérance, la joie au milieu des épreuves et la force de continuer à croire lorsque tout semble inviter au découragement.
En réalité, je pensais venir donner. Aujourd'hui, je repars avec la certitude d'avoir infiniment plus reçu. San Pedro Apatlaco m'a appris que le Royaume de Dieu ne grandit pas loin des blessures humaines ; il grandit souvent au milieu d'elles. Il grandit dans une famille qui continue d'espérer malgré la peur. Dans un enfant qui réussit encore à sourire. Dans un jeune qui choisit de servir plutôt que de céder au désespoir. Dans une communauté qui continue de chanter alors que la violence voudrait faire taire toute espérance.
Je quitte cette paroisse avec le cœur rempli de visages. Les visages des enfants. Les visages des jeunes. Les visages des familles qui nous ont accueillis comme leurs propres fils. Je sais que le temps effacera peut-être certains détails, mais il n'effacera jamais ce qu'ils ont gravé dans mon cœur.
Cette semaine n'a pas seulement été une mission. Elle a été une rencontre avec le Christ, vivant au milieu de son peuple, présent dans les plus petits, dans les plus pauvres, dans ceux qui continuent à croire contre toute espérance.
Et les mots de saint Augustin prennent aujourd'hui pour moi une saveur toute particulière : « Aime, et fais ce que tu veux. » Car c'est précisément ce que cette mission m'a appris : lorsque l'amour devient notre manière de vivre, il devient aussi la plus belle manière d'annoncer l'Évangile.
Je repars du Mexique profondément reconnaissant. Reconnaissant envers Dieu pour cette grâce. Reconnaissant envers la communauté assomptionniste au Mexique qui m'a permis de vivre cette expérience. Reconnaissant envers la paroisse de San Pedro Apatlaco, qui a laissé une empreinte indélébile dans mon cœur. Je suis arrivé avec le désir d'être missionnaire. Je repars avec le sentiment d'avoir, moi aussi, été évangélisé.
Frère Anthony Farah, A.A.
Cuando el lenguaje del amor se convierte en el único idioma










El hermano Anthony Farah es un religioso asuncionista de origen libanés que vive en la comunidad de Woluwe en Bruxelles - Bélgica. Vino a México por unos días de visita. Nos cuenta su experiencia de misión de Verano en Cuernavaca. Escuchemosle.
Se puede cruzar un océano, cambiar de continente, descubrir un nuevo idioma y una nueva cultura… sin saber realmente lo que Dios tiene preparado para nosotros.
Llegué a México después de haber dejado el Líbano, mi país natal, y Bélgica, donde hoy vivo como hermano asuncionista. Pensaba venir a descubrir otro rostro de nuestra Congregación, otra manera de vivir la misión. Todavía no sabía que esta misión sería, sobre todo, la que me transformaría a mí mismo.
Fue en San Pedro Apatlaco donde tuvo lugar ese encuentro.
Éramos veinticinco misioneros —hermanos, jóvenes y laicos— enviados para compartir una semana de misión con la parroquia. Desde los primeros momentos comprendí que algo hermoso nos esperaba. Los cantos, los bailes, la comida compartida, las sonrisas del párroco, de los jóvenes y de las familias… No fue solamente una cálida bienvenida. Era una comunidad que, sin decir una palabra, nos repetía: «Esta también es tu casa.» Y eso fue exactamente lo que sentimos.
Muy pronto, cada uno de nosotros fue acogido por una familia que abrió las puertas de su hogar. Pero mucho más que eso, abrieron su vida, sus alegrías, sus preocupaciones y sus heridas. Nos recibieron como si fuéramos parte de su propia familia. Nos enseñaron que es posible dar mucho, incluso cuando se tiene poco. Esa sencillez evangélica tocó profundamente mi corazón.
Cada mañana recorríamos las calles de la parroquia llamando a las puertas. Queríamos decir a las personas que no estaban solas, que su Iglesia estaba cerca de ellas, e invitarlas a participar en esta semana misionera. Detrás de cada puerta había una historia distinta. Algunas se abrían con una gran sonrisa. Otras permanecían cerradas. No por falta de hospitalidad, sino porque el miedo se ha convertido en un compañero de cada día. En esta región, la violencia entra incluso en los hogares. La gente ha aprendido a desconfiar antes incluso de abrir una puerta.
Y, sin embargo, mientras caminaba por esas calles, una frase de san Pablo resonaba constantemente en mi corazón: «Donde abundó el pecado, sobreabundó la gracia» (Rm 5,20). Cuanto más descubría las heridas de esta tierra, más percibía también la presencia discreta de Dios. Una presencia silenciosa, pero profundamente real. Una gracia que se niega a desaparecer, incluso cuando todo parece anunciar la oscuridad.
Los niños fueron algunos de los mayores maestros de esta semana. Muchos crecen en un ambiente donde la violencia, los secuestros y el miedo forman parte de su vida cotidiana. Y, sin embargo, detrás de sus heridas, conservan una capacidad extraordinaria para sonreír, jugar y amar. A través de los juegos, los cantos, los bailes y los momentos de oración, queríamos recordarles que son infinitamente amados por Dios, que poseen una dignidad que nadie podrá quitarles jamás y que ya son los constructores del mundo de mañana.
Un día, un niño de apenas seis años me confesó que había perdido a su papá a causa de la violencia. Frente a un sufrimiento así, las palabras dejan de tener sentido. Ninguna explicación puede sanar el corazón de un niño. Solo queda una presencia, una escucha, un abrazo, una mirada llena de compasión. Ese día comprendí que la misión no consiste siempre en responder a las preguntas. A veces consiste simplemente en permanecer allí… y amar.
Los jóvenes me marcaron profundamente. Detrás de sus sonrisas descubrí historias de valentía, heridas, sueños y luchas. Cantamos, bailamos, rezamos, reímos y, en ocasiones, también guardamos silencio juntos. Poco a poco, dejé de ver solamente a un grupo de jóvenes mexicanos; empecé a ver hermanos y hermanas que, como yo, buscaban dar un sentido a su vida y creían que el Reino de Dios podía comenzar desde aquí.
Mientras los escuchaba, una frase de san Agustín volvía una y otra vez a mi corazón: «Nos hiciste, Señor, para Ti, y nuestro corazón está inquieto hasta que descanse en Ti.» Detrás de sus preguntas, de sus heridas y de su generosidad, reconocía esa misma sed de Dios que habita en el corazón de todo ser humano.
Los encuentros con los adultos eran momentos de diálogo, reflexión y oración. Hablábamos de la paz, de la esperanza y de la presencia de Dios en medio de las pruebas. Aquí, hablar de paz no es una teoría. Es una necesidad. Es un grito. Y, a pesar de todo lo que viven, encontré hombres y mujeres que seguían creyendo, rezando y esperando con una fuerza que me edificó profundamente.
Antes de venir a México, pensaba que mi mayor dificultad sería el idioma. Todavía no hablo bien español, y eso me preocupaba. ¿Cómo anunciar el Evangelio cuando faltan las palabras? Entonces descubrí que las palabras no siempre son indispensables.
Una sonrisa se entiende en todos los idiomas. Una mano tendida no necesita traducción. Jugar con los niños, bailar con los jóvenes, compartir una comida, escuchar a alguien con el corazón, rezar uno al lado del otro… ese es un lenguaje que todos comprenden. Tenía pocas palabras en español, a veces algunas frases en inglés, pero podía estar presente. Podía amar. Y descubrí que el amor es, probablemente, la forma más hermosa de anunciar a Cristo.
Con el paso de los días, dejé de sentir que habíamos venido solamente a dar algo. Más bien tenía la impresión de que era esta comunidad la que nos evangelizaba a nosotros. Nos enseñaba la confianza, la perseverancia, la alegría en medio de las dificultades y la fuerza para seguir creyendo cuando todo parece invitar al desánimo.
En realidad, pensaba que venía a dar. Hoy regreso con la certeza de haber recibido infinitamente más. San Pedro Apatlaco me enseñó que el Reino de Dios no crece lejos de las heridas humanas; con frecuencia crece precisamente en medio de ellas. Crece en una familia que sigue esperando a pesar del miedo. En un niño que todavía logra sonreír. En un joven que decide servir en lugar de ceder a la desesperanza. En una comunidad que sigue cantando cuando la violencia quisiera apagar toda esperanza.
Me voy de esta parroquia con el corazón lleno de rostros. Los rostros de los niños. Los rostros de los jóvenes. Los rostros de las familias que nos recibieron como a sus propios hijos. Sé que el tiempo tal vez borre algunos detalles, pero nunca borrará lo que ellos han grabado en mi corazón.
Esta semana no fue solamente una misión. Fue un encuentro con Cristo, vivo en medio de su pueblo, presente en los más pequeños, en los más pobres, en quienes siguen creyendo contra toda esperanza. Y las palabras de san Agustín tienen hoy para mí un significado muy especial: «Ama y haz lo que quieras.» Porque eso es precisamente lo que esta misión me enseñó: cuando el amor se convierte en nuestra manera de vivir, también se convierte en la manera más hermosa de anunciar el Evangelio.
Regreso de México profundamente agradecido. Agradecido con Dios por esta gracia. Agradecido con la comunidad asuncionista en México que me permitió vivir esta experiencia. Agradecido con la parroquia de San Pedro Apatlaco, que ha dejado una huella imborrable en mi corazón.
Llegué con el deseo de ser misionero. Me voy con la certeza de que yo también he sido evangelizado.
Hno. Anthony Farah, A.A.
“Este artículo fue escrito originalmente en francés y posteriormente traducido al español, procurando conservar fielmente su sentido, su estilo y las emociones del texto original.”
Experiencia apostólica del hermano Daniele en la parroquia
Santiago Apóstol de Tlilapan





El hermano Daniele es un religioso Asuncionista de origen italoamericano que vino a México para hacer una experiencia de inmersión pastoral aprendiendo español. Dicha experiencia tuvo lugar en la parroquia Santiago Apostol de Tlilapan, en la diócesis de Orizaba - Veracruz.
Volver de México ha sido como despertar de un sueño que uno desearía que nunca terminara. El reto para mí, ahora, es saber cómo vivir de las bendiciones que recibí durante esos dos meses maravillosos. ¿Cómo es que esta experiencia me ha marcado tanto? Vuelvo a esa virtud que siempre ha sido una luz que me guía en mi camino: la confianza.
Experimenté por primera vez la alegría y la libertad de confiar en el Señor cuando estudiaba en Urbino, Italia, durante mi tercer curso en el Colegio de la Assumption. Al entregar entonces mis planes y mis deseos a Dios, empecé a verme a mí mismo como su hijo amado. Él puso en mi vida a personas que se alegraban sinceramente de mis dones y talentos, que me mostraron que sí tenía algo bueno que aportar al mundo. Esta experiencia dio lugar a una alegría profunda y duradera.
México se convirtió entonces, para mí, en otra experiencia de confianza, ya que, desde que ingresé en la Congregación de los Asuncionistas, he sentido en mi corazón un gran deseo de marcar una diferencia real en la vida de las personas, guiándolas hacia la verdad y la vida en Jesucristo como sacerdote religioso. Pero también me he preguntado: «¿Quiere Dios que sea sacerdote religioso? ¿Puede Él realmente servirse de este joven, o se trata solo de algo temporal?». ¿Era la vida religiosa asuncionista y el sacerdocio realmente mi vocación, o era solo un espejismo?
Al bajar del avión en Ciudad de México, hice una promesa al Señor de que me entregaría por completo a esta experiencia, a lo que Su voluntad tuviera reservado para mí. Y desde el primer día, esta confianza dio grandes frutos espirituales. Quiero dar las gracias especialmente al padre Oswaldo por asignarme el cargo de párroco de San Andrés-Tenejapan. Con este encargo, el padre Oswaldo me envió a aguas profundas, igual que Jesús llamó a Pedro para que le siguiera en medio de la tormenta, tal y como se cuenta en el Evangelio de Mateo. No creo que el padre Oswaldo supiera cómo respondería yo a tal llamada, pero le agradezco profundamente que haya depositado su confianza en mí.
Su confianza fue la semilla que dio lugar a un gran florecimiento de la confianza en mi propio camino con Cristo. Me di cuenta de que, fuera cual fuera el reto al que Él me llamara en mi vida, siempre que mantuviera la mirada fija en Su amor y Su misericordia, podría caminar sobre aguas profundas, como lo hizo Pedro. Fue cuando Pedro se fijó en sí mismo y en lo que le rodeaba cuando empezó a hundirse en el mar. Centrarse en su propia debilidad y en sus limitaciones le impidió confiar en Jesús, y este es un tema recurrente en mi propia vida.
Mi vida como religioso y sacerdote asuncionista debe ser una vida de confianza en Jesús, en todo momento. Me maravilló la facilidad con la que nuestros hermanos y hermanas de San Andrés me acogieron como a uno de los suyos, y cómo estaban más que dispuestos a verme como su «padrecito». Mis homilías no eran, desde luego, nada del otro mundo, y a veces me trababa al hablar durante las misas, pero eso no parecía importarles a los fieles que conocí en San Andrés y en la misión de Cañada Blanca. Creían que Dios actuaba a través de mí, y eso les bastaba para tener fe en mí.
Esto me enseñó una gran lección: en la vida religiosa y en el sacerdocio, estamos llamados a ser instrumentos de Dios. Las palabras que pronunciamos durante las celebraciones no son nuestras, sino de Dios. Debemos estar dispuestos a ser Sus instrumentos y a vernos a nosotros mismos como tales. Todo lo que somos, todo lo que hacemos, está destinado a ser un reflejo de la gloria de Dios. El orgullo, esa insistencia en anteponer nuestros propios sentimientos, pensamientos y deseos, puede sofocar este tipo de vida.
San Ireneo de Lyon lo expresó a la perfección: «La gloria de Dios es el ser humano que vive plenamente». Mi estancia en México fue una experiencia en la que me sentí plenamente vivo, y supe que Dios se regocijaba conmigo en esa vida. Los frutos del ministerio fueron la prueba de que Dios realmente quiere que sea religioso y sacerdote asuncionista.
Además, quiere que cultive y viva de esas semillas de entusiasmo y alegría que Él sembró en Urbino. Aunque sigue llamándome a la conversión cada día, no quiere que me convierta en una persona completamente diferente. Quiero dar las gracias a todas las personas que he conocido y que me lo han confirmado cada día. Sigo adelante en mi camino sostenida por el amor que Dios me ha mostrado a través de todos ustedes.
Hno Daniele Caglioni, a.a.
Discernir el cuerpo




The flight to Mexico City from Boston is a short four and a half hours. Despite all of our modern marvels, somehow it still astounds me that one can wake up in his own bed and be transported to a whole new world by dinnertime.
Despite the slight shortness of breath I experienced on that first day as a result of the city’s impressive altitude, I immediately felt at home in our community at Parroquia Emperatriz. Though suffused with the distinct flavors of the region, the essence of our common Assumption charism was palpable, enabling a quick and seamless transition. What a joy it is to experience firsthand the embodiment of Father d’Alzon’s intention that, as Assumptionists, we be “simply catholic, but as Catholic as it is possible to be,” in all of its unified diversity.
Having spent a week in CDMX, I was ferried to our fledgling community at Parroquia de Santiago Apóstol in T’lilapan, Veracruz, passing along the way the imposing Pico de Orizaba, which makes even the most imposing mountains of New England appear rather tame.
Shortly after my arrival, the scope of the mission became increasingly clear as I accompanied Father Oswaldo to five remote chapels (one-third of the total in our care) where he celebrated Mass for the far-flung faithful. It was very encouraging to see these remote outposts of Mother Church so vibrant and thriving! It seemed evident that the Mass was not simply a mundane task relegated to the periphery of the peoples’ lives, but was the very center around which their lives revolved.
In addition to teaching English classes in nearby Jalapilla, one of the duties allotted to Brother Daniele – my traveling companion and confrère – and I, was the daily [Celebración de la Palabra]. While this seemed a rather daunting obligation at first, especially given my limited grasp of the language, I quickly grew very fond of this solemn assignment and of the community that I was honored to serve at Capilla de San José.
Towards the end of our time in Veracruz, Daniele and I joined 60 volunteers in la misión Asuncionista, a two-week [campaign] whose [objetivo fundamental es la extension del Reino de Dios,] in particular among the poor.
It is in such endeavors that our contemplation and action are united, giving flesh to Saint Paul’s mandate that we be “servants of one another through love.” We are called not simply to recognize the joys and sufferings of our neighbor, but to enter into and share them as if they were our own, with a readiness to be evangelized in the process. Just as we are urged to “discern the Body” when receiving the Holy Eucharist, so too should we be keenly aware of Christ present in our neighbor.
Heaven is not simply a place we hope to get to one day. Rather, we are meant to live the life of heaven here and now, to bring God’s Kingdom to bear on all we do and say. During my time in Mexico, far removed from the routines and obligations of my “regular” life, it was admittedly easier to be “on fire” for God.
The challenge, I suppose, is to allow this summit experience to permeate my daily life; to descend the mountain following the Transfiguration and be fundamentally transformed. Like the apostles on the mount, there is an all-too-human desire to “erect tents” in the hopes of framing and preserving these moments of heightened awareness.
However, we are constantly inundated with God’s glory. It is for us to develop our spiritual senses that we may readily perceive His presence in our midst as we advance toward him by degrees, scaling the heights of virtue.
Hno Brian Verzella, a.a.
Servicio y aventuras con la comunidad Asuncionista en Tlilapan





Después de su voluntariado misionero en la parroquia Santiago Apóstol de Tlilapan-Veracruz,Veronika Jaster, una joven estadounidense nos cuenta su experiencia al servicio del Reino de Dios con los Asuncionistas y agradece esta oportunidad de servir a la juventud.
Me gustaría agradecer sinceramente a la comunidad asuncionista por la oportunidad de servir con la Congregación en México y encontrar el amor de Dios durante mi estancia allí. Pasé dieciocho días en el centro parroquial de los Asuncionistas en Tlilapan, Veracruz. A través del trabajo voluntario y la inmersión cultural, fue una alegría servir, aprender y compartir la vida con todas las personas que conocí.
Con el sol fluyendo sobre las montañas onduladas, repartiendo cortinas de calor en el aire todavía frío, el día comenzaba con la oración matutina y la misa en la capilla, seguida de un desayuno compartido. En la tarde, de lunes a viernes, daba clases de inglés al grupo pastoral juvenil, en un salón de la parroquia.
Empezábamos cada clase con un ejercicio oral informal, o con un resumen de lo que habíamos trabajado el día anterior. Con cada nuevo tema, realizamos ejercicios e hicimos un juego de expresión oral para practicar el concepto de una forma más cautivadora. Aprecio la receptividad y las ganas que tenían los alumnos de participar.
Mientras no estaba en clase de inglés, acompañé a los sacerdotes a sus ministerios en los alrededores. En las pocas semanas que estuve allí, asistí a una boda, a dos quince años, a un bautismo, a una unción de los enfermos, a un funeral y a la celebración de la fiesta de la Asunción de María.
A través de todos estos sacramentos y eventos, me quedó claro que Dios está en el centro del amor familiar que florece en la cultura mexicana, ya sea por la alegría o el dolor. Vi el compromiso de su amor en el cuidado incesante de una mujer por su marido enfermo, escuché su guía en el discurso agridulce de un tío a su quinceañera, olí su desgarro en el incienso que elevó las oraciones por un hijo fallecido, saboreé su unidad en un pastel de bodas, y sentí su poder triunfante a través de los estallidos de los fuegos artificiales.
El regalo de las nuevas amistades trascendió las diferencias de costumbres y del idioma, sin disminuir la riqueza de esta diversidad. Fue una alegría encontrar nuevos vecinos a amar y con los que pude compartir aventuras, desde saltar a los ríos hasta escalar montañas, desde visitar la bulliciosa Orizaba hasta explorar la cultura pueblerina en Tlilapan, y desde aprender a bailar cumbia hasta enseñarles el Cotton-Eyed Joe.
Muchas gracias de nuevo a la comunidad Asuncionista por esta oportunidad de voluntariado y por la inmersión cultural. Tendré su misión en mis oraciones y espero que mi experiencia inspire a otros a descubrir y compartir a través de este programa, todo para la gloria de Dios. ¡Saludos!
Veronika Jaster
Mi experiencia de inmersión en México







El hermano Binh Nguyen es un religioso Asuncionista originario de Vietnam que vive en la comunidad de Emmanuel House en los Estados Unidos. Está estudiando filosofía. Vino a Mexico por una experiencia de inmersión para aprender español.
Tuve una buena experiencia con mis hermanos Asuncionistas en México; aprendiendo el idioma, la cultura y también compartiendo con ellos en la misión durante casi tres meses. Estuve en Calmeca, Puebla del 8 al 15 de junio por la misión con los jóvenes y adultos dándoles a conocer la vocación.
La gente es generosa, amable y sociable. Llegamos a Calmeca el sábado y el domingo nos encontramos con el padre Enrique, párroco. Mucha gente atendió la misa de domingo sirviendo muchos monaguillos en la misa. El párroco nos dio permiso para organizar las actividades y también participar con la gente en sus tareas cotidianas.
Disfruté corriendo y jugando fútbol con ellos. En la tarde del jueves, tuvimos la adoración al Santísimo, rezamos y escuchamos canciones con la comunidad. Al día siguiente visitamos a los enfermos del lugar. Fue una buena semana en Calmeca para mí. Después de esta experiencia, con los hermanos (Eduardo, José y Rafael) salimos a Zapoapan, Veracruz; tuvimos una semana de misión del 15 al 22 de junio.
Llegué posteriormente a Tlilapan, Veracruz permanecí allá por un mes. En la primera semana participé con mis hermanos Asuncionistas en el retiro anual. Para nosotros, los días que estamos juntos son muy reconfortantes, porque disfrutamos tiempo juntos como hermanos para rezar, reflexionar y vivir nuestra fraternidad.
Atesoré el tiempo con mis hermanos Asuncionistas. En las semanas siguientes, trabajé en la Casa de la Misericordia en Orizaba, de lunes a viernes. Durante la mañana ayudaba con la preparación de la comida para los migrantes. En la tarde, tenía clase con la maestra Filomena para mejorar mi español.
El tiempo en Tlilapan, tuvimos momentos agradables, como la asistencia a la feria de Santiago Apóstol, el santo patrono del pueblo. La feria empezó el 23 de julio y terminó el 28 de julio. Al terminar la misa del 23 de julio, se colocó una puerta decorativa y artesanal en frente de la puerta de la iglesia. Cuando le gente terminó de colocar la puerta, hubo una comida para todos, incluso cervecitas y un espectáculo con el torito pirotécnico para divertir a la gente.
Al día siguiente, la comunidad se congregó en la iglesia para cambiar el vestido de San Santiago, incensar y bailar en torno al santo.
En 25 de julio durante la mañana, la gente se congregó frente al Oxxo para recibir a Monseñor Eduardo quien celebraría la acción de gracias en honor del Patrón del pueblo. La gente mostró su devoción por San Santiago con muchas decoraciones en la iglesia y demostrando su entusiasmo al recibir a Monseñor con la alfombra artesanal que rezaba “Bienvenido a Tlilapan Mons. Eduardo.”
El ambiente del pueblo, lleno de alegría se notaba aun en cada lado de la calle, llenándose con vendedores y juegos. La feria siguió hasta el Domingo. En la celebración dominical, otras comunidades pertenecientes a la parroquia asistieron llenando le iglesia. Por la noche, hubo un espectáculo de boxeadores y también de música.
La ultima parte de mi experiencia en México la viví en la comunidad de San Andrés. Participé en las actividades de la comunidad, así como de la parroquia. Acompañé a algunos padres en las celebraciones y me gustó mucho la entrega de los hermanos Asuncionistas en la pastoral parroquial y el ambiente general en este pueblo situado en la parte sur de ciudad de México.
Del 18 al 25 de agosto, participé en la peregrinación con hermanos venidos de los Estados Unidos, Francia, Canadá y México. Fue una experiencia muy enriquecedora e inolvidable. Al finalizar la peregrinación, participamos el sábado 24 de agosto a la misa solemne de los votos del hermano Rafael Huerta.
Son algunas de mis experiencias en México. Agradezco a Dios y a mis hermanos Asuncionistas. Ojalá algún día, haya más jóvenes compartiendo nuestra comunidad y fraternidad de la Asunción.
Hno Binh Nguyen, a.a.


